Un sommet pour rien ?
2 October 2019
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L'invitation était prestigieuse. Elle
émanait du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Elle visait à nous pousser. À
nous engager. Encore un peu plus vite, encore un peu plus loin. L'affiche aussi était prometteuse. Greta Thunberg, la militante écologiste suédoise de 16 ans et
l'égérie de la jeunesse mondiale,
ferait un discours. Les médias du monde entier seraient représentés. Nombreux. Chaque chef d'État disposerait de trois minutes pour s'exprimer à la tribune. Le 23 septembre, le sommet sur « l'urgence climatique » serait donc l'occasion d'agir et de communiquer. De dire aux citoyens du monde que l'on comprend la situation : la planète est en danger. Et que l'on
entreprend de la sauvegarder.
Bizarrement, la grande majorité des chefs d'État
a vu les choses différemment. Soixante-six
ont répondu présent à l'appel . Soixante-six, seulement, sur les cent trente-six qui, chaque année, participent à l'Assemblée générale de l'ONU. Soixante-six nations qui, en majorité, sont
en voie de développement et ne pèsent que 6,8 % des émissions de
gaz à effet de serre. En revanche, de grandes puissances comme les États-Unis, le Brésil ou l'Australie
ont boudé cette rencontre.