Dix ans après, la Tunisie est le dernier vestige du Printemps arabe
13 January 2021
M. Etcheverry / Shutterstock.com
Le Printemps arabe
fête en ce mois de janvier son dixième anniversaire. Même si l’expression
est un peu tombée en désuétude, c’est de cette manière que l’on a appelé, début 2011, un ensemble de mouvements de protestation
d’une ampleur inédite dans le monde arabe. Tunisie, Égypte, Libye, Syrie… : en quelques mois,
les manifestations populaires pour réclamer plus de justice sociale et économique se sont multipliées, et elles
ont fait trembler les ciments d’autocraties installées depuis des décennies. C’est à Sidi Bouzid, une petite ville du centre de la Tunisie, que
la mèche prend feu, à la mi-décembre 2010.
C’est là que vit Mohamed Bouazizi,
un marchand ambulant de 26 ans. Le 17 décembre, il se fait confisquer
sa charrette et ses fruits par la police locale et
tente de les récupérer. Désespéré,
impuissant, il décide de
s’immoler par le feu. Le geste
suscite la colère à Sidi Bouzid. Moham