Partons d’abord du côté de la Grande-Bretagne. Il y a quelques jours, le Premier ministre, par ailleurs milliardaire, a annoncé vouloir s’attaquer aux SDF et aux tentes dans lesquelles les sans-abris cherchent un refuge.
La déclaration a fait le tour du web. Le 4 novembre dernier, Suella Braverman, ministre de l’Intérieur du Royaume-Uni, a posté un message d’une violence inouïe. « Nous ne pouvons pas permettre que nos rues soient envahies par des rangées entières de tentes occupées par des personnes, pour beaucoup venant de l’étranger, qui ont choisi comme mode de vie de dormir dans la rue », a osé la ministre, réputée pour ses positions très à droite et anti-immigration sur X . Dans la foulée de sa pseudo-démonstration, elle a ajouté, comme l’explique Le Monde, qu’il existait des « possibilités pour ceux qui ne veulent pas dormir dans la rue ».
Frank-Walter Steinmeier n’a certes qu’une fonction honorifique au sein de la république fédérale d’Allemagne, mais les mots du président de la RFA ont un poids. Et lorsque le chef de l’État demande « pardon » pour les exactions commises par les forces coloniales allemandes en Tanzanie au début du siècle dernier, c’est plus de 80 millions de personnes qui s’excusent avec lui.
Frank-Walter Steinmeier effectuait une visite officielle en Tanzanie. Le 1er novembre, au second jour de ce déplacement officiel, le président est arrivé à Songea, une ville au sud du pays. Lors d’une visite au musée consacré au soulèvement du peuple Maji-Maji, au début du XXème siècle, il a d’abord exprimé sa « honte de ce que les soldats coloniaux allemands ont fait subir » aux guerriers Maji Maji. Puis, il a déclaré solennellement : « Je m’incline devant les victimes de la domination coloniale allemande. Et en tant que président allemand, je voudrais demander pardon pour ce que les Allemands ont fait subir ici à vos ancêtres. » Steinmeier a aussi promis de s’efforcer de retrouver le crâne du chef de la rébellion Maji-Maji, Songea Mbano, qui a sans doute été transporté en Allemagne en vue d’être étudié, comme
Il y a des voyages politiques, comme celui effectué récemment par Emmanuel Macron en Israël, et d’autres plus économiques. Celui des 1er et 2 novembre au Kazakhstan, puis en Ouzbékistan, appartient à cette deuxième catégorie. Deux pays situés dans cette lointaine Asie centrale sur ce qui fut la « Route de la soie ». Deux destinations essentielles pour tout pays, comme la France, en quête de ressources énergétiques. Ce dont Emmanuel Macron se cache à peine.
En effet, l’Élysée a annoncé que le président accordait « beaucoup d’importance » à cette visite effectuée le 1er novembre 2023, soit quinze ans après la signature du Traité de partenariat stratégique entre la République du Kazakhstan et la République française. On comprend, évidemment, cet empressement. Le Kazakhstan s’avère être la première économie d'Asie centrale, riche en ressources naturelles. Il fait partie des principaux – parmi les premiers – fournisseurs de pétrole brut de la France, au même titre que les États-Unis. Il est également notre premier fournisseur d'uranium – à hauteur de 40 % –, le combustible indispensable pour faire fonctionner les centrales nucléaires de l’Hexagone. Un partenaire que l’on doit donc soign
Le cadre est somptueux. Un château construit au XVIème siècle par François 1er – un roi-mécène fasciné par la Renaissance italienne, qu’il a largement contribué à diffuser en France – au milieu d’un parc de 23 000 mètres carrés. Un océan de verdure qui ouvre sur la splendide forêt de Retz. Villers-Cotterêts est un petit bijou, un lieu de villégiature dont le roi de France raffole. Il va d’ailleurs inscrire ce monument dans l’histoire de l’Hexagone. Le 25 août 1539, il y signe une ordonnance, la fameuse ordonnance de Villers-Cotterêts, qui impose le français comme langue officielle de l’administration et du droit, à la place du latin. Ce texte oblige aussi les prêtres à enregistrer les naissances et à tenir à jour le registre des baptêmes. La constitution de l’état civil a donc commencé dans cette petite ville située à 80 km au nord de Paris.
Cinq siècles plus tard, Villers-Cotterêts fait à nouveau l’actualité. Le 30 octobre dernier, dans la cour de ce château Renaissance, Emmanuel Macron inaugure « sa » Cité internationale de la langue française. « Son » musée dédié à la langue française qu’il avait promis de créer en 2017, lors de sa première candidature à la présidentielle. Le pr
C’est une image d’Épinal. Une photo de Paris chantée par Juliette Gréco et immortalisée par les clichés en noir et blanc du célèbre photographe Robert Doisneau. Une vision idyllique de la capitale, savamment filmée par Woody Allen dans Midnight in Paris, par exemple. Les bouquinistes incarnent Paris, tout autant que la tour Eiffel ; ils symbolisent la littérature, la flânerie, la culture. Un art de vivre à la française qui est, aujourd’hui, sérieusement menacé par les Jeux olympiques d’été, qui se dérouleront à Paris en 2024, et la volonté de la maire, Anne Hidalgo, d’organiser la cérémonie d’ouverture sur la Seine. Là où, précisément, sont placées ces librairies d’un autre temps.
Les bouquinistes sont installés depuis 450 ans au centre de la capitale. Sur la rive droite de la Seine, le long des quais qui vont du pont Marie au Louvre, et, sur la rive gauche, du quai de la Tournelle au quai Voltaire. Plus de deux cents de ces spécialistes qui vendent des livres anciens et d’occasions, bien souvent introuvables dans les commerces, gèrent près de neuf cents grandes boîtes vertes et proposent près de 300 000 ouvrages, ainsi qu’un grand nombre d’estampes, revues, cartes de collection, et