La référence à la « belle jambe » nous vient tout droit de l’habillement masculin du passé. Les hommes de la haute société étaient à l’époque de la monarchie française aussi soucieux de leur apparence que les femmes. A partir du XIIème siècle, les hommes élégants portaient sur les mollets des « bas-de-chausses », c'est-à-dire des collants qui moulaient et mettaient en valeur la forme de la jambe. C’était un des éléments les plus importants de l’habillement.
« Faire la belle jambe », au XVIIème siècle signifiait faire le beau, essayer de se montrer le plus possible. Et lorsque ces élégants apprenaient une information dont ils ne se souciaient pas, ils disaient « cela ne me rendra pas la jambe mieux faite ».
Au XIXème siècle, l’expression a perdu la négation et est devenue « ça me fait bien la jambe » dans un sens ironique. De nos jours, sous sa forme actuelle « faire une belle jambe », cette expression appartient à un langage très familier. En anglais, nous pouvons trouver les équivalents “that doesn’t change anything for [me]”, “that won’t get [me] too far”.
Exemple 1 :
- Bonne nouvelle ! Le patron a beaucoup apprécié le projet de Matthieu.- Ca me fait une belle jambe ! Je voudrais surtout savoir ce qu’il a pensé du mien.
- Good news ! The boss liked Matthieu’s draft very much.
- That doesn’t change anything for me ! What I’d really like to know is if he liked mine.
Exemple 2 :
- Suite aux grèves massives, le gouvernement a décidé d’avancer l’âge de la retraite pour les fonctionnaires.- C’est bien, mais ça va faire une belle jambe à tous les salariés du secteur privé qui ont manifesté aussi mais pour qui rien ne va changer.
- Following mass strikes, the government decided to bring forward the age of retirement for all civil servants.
- Very well, but it won’t get too far all the employees of the private sector having also demonstrated, but for whom nothing is going to change.